Comment se rafraîchir l’été en évitant l’air climatisé

L’utilisation d’un système de climatisation traditionnelle comporte des désavantages sur le plan environnemental et sanitaire lors qu’elle se fait à grande échelle. En effet, particulièrement durant les heures de pointe, l’utilisation de ces machines augmente la demande en énergie. De plus, la proportion de Québécois possédant un climatiseur à la maison a doublé en 20 ans, passant de 13,1% en 1988 à 41,4% en 2008. Paradoxalement, il ne faut pas oublier que ce genre de système, pour nous climatiser, va en contrepartie émettre de la chaleur. Les fluides frigorigènes nocifs utilisés dans ces appareils sont source de GES et on estime les taux annuels de fuites à 10% pour les climatiseurs individuels et 15% pour les climatisations centralisées, sans oublier la pollution sonore que ces machines peuvent occasionner. 
 
Attention! Je ne veux pas dire ici qu’il faudrait commencer à nous départir de nos climatiseurs, car en période de canicule, ces systèmes peuvent être salutaires pour certaines personnes (pensons notamment aux personnes âgées) pour contrer les effets tout aussi néfastes de la chaleur. Je veux plutôt vous parler des autres moyens auxquels on peut avoir recours pour rafraichir notre demeure. 
 
Premièrement, couper au maximum toutes les sources de chaleur dans la maison. On évite le plus possible d’utiliser des appareils électriques ou électroniques qui émettront de la chaleur. On pensera d’abord à tout ce qui est «charge fantôme» d’énergie, particulièrement avec notre ordinateur, notre télé, le DVD, la console de jeu, etc. On les met en veille ou même mieux, on coupe le courant à l’aide d’une barre d’alimentation (Power Bar) et on opte pour des modèles certifiés Energy Star si nous devons faire l’achat d’un nouvel appareil. 
 
L’appareil qui produit sans doute le plus de chaleur dans la maison lorsqu’il est en fonction est sans aucun doute la sécheuse. Pourquoi l’utiliser quand il faut 40 degrés? La bonne vieille corde à linge viendra économiser argent et environnement. Sinon, on opte aussi pour un séchoir à linge que l’on peut installer sur le balcon si on manque de place pour la corde à linge, ou à l’intérieur si on manque de place sur le balcon. 
 
Logiquement, on évitera aussi de faire fonctionner le four et les plaques à cuisson en optant pour des repas froids. 
 
 
Mais quand il fait vraiment chaud, on voudrait au moins utiliser un ventilateur. Est-ce une bonne option par rapport à l’air conditionné? 
 
Oui et heureusement, cette solution pratique et peu coûteuse demeure populaire. Dans un sondage réalisé en 2005 sur les adaptations aux canicules pour le compte de l’Institut national de santé publique du Québec, quatre personnes sur cinq disaient disposer d’au moins un ventilateur à domicile; un peu plus du tiers était pourvu d’un climatiseur; un sur dix ne possédait ni ventilateur ni climatiseur.
 
Le ventilateur à l’avantage de brasser l’air qui nous entoure en nous procurant une brise agréable pour nous rafraichir. Même s’il fonctionne à l’électricité, il en consomme beaucoup moins que le climatiseur qui, lui, doit refroidir l’air. Un petit truc: sachez que vous pouvez placer une bouteille d’eau glacée devant votre ventilateur pour avoir de l’air encore plus frais. 
 
Si vous avez un modèle portatif, vous penserez à le placer devant la fenêtre ouverte la nuit pour avoir encore plus d’air frais, à condition que l’air extérieur soit plus froid que l’air intérieur, ce qui pourrait ne pas toujours être le cas. 
 
 
Justement, peut-on aussi éviter de laisser entrer l’air chaud par d’autres moyens dans la maison le jour? 
 
Si on veut laisser les fenêtres ouvertes la nuit pour s’approprier un peu de fraicheur, on voudra cependant les fermer dès le matin pour éviter justement d’accumuler la chaleur de l’extérieur à l’intérieur. Des rideaux avec isolation thermique vont empêcher la chaleur d’envahir votre demeure le jour. Évidemment, la fenêtre elle-même doit aussi être bien isolée. 
 
L’orientation de notre maison par rapport au soleil est un facteur également important. Puisqu’il n’est évidemment pas possible de changer cela une fois la maison construite, il est quand même plus facile de changer la disposition de certaines pièces à l’intérieur. Puisque le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest, on peut orienter notre chambre à coucher vers l’est pour avoir le soleil le matin en évitant ainsi la fournaise le soir venu avant d’aller se coucher.  
 
 
Qu’en est-il de l’utilisation de végétaux? 
 
On dit souvent qu’il faut faire en sorte de diminuer les îlots de chaleur en milieux urbains et ce concept ne s’applique pas uniquement aux lieux publics!
 
L’utilisation de végétaux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de notre maison, va venir nous aider à diminuer la température ambiante. Les possibilités sont nombreuses, par exemple: 
 
Planter un arbre pour bénéficier de son ombre grâce au couvert végétal une fois mature;
 
Faire pousser des plantes grimpantes le long d’une clôture en métal ou en bois ou le long des murs en briques de notre maison (attention à ce que l’étai du revêtement soit en bonne condition, car une fissure dans le mortier pourrait être aggravée par les accroches des plantes);
 
Réaliser un aménagement paysager comestible pour joindre l’utile à l’agréable; 
 
Faire de l’agriculture en pot sur notre patio; 
 
Installer un toit végétalisé (à condition que la structure de notre maison le permette).
 
 
Plus on remplacera de béton, d’asphalte et de matériaux inorganiques par de la verdure, plus la température ambiante de notre terrain sera supportable. 
 
En parlant d’asphalte, pourquoi ne pas opter pour des dalles alvéolées au lieu de goudronner son entrée de garage? Ces dalles ont aussi l’avantage de laisser s’écouler l’eau de ruisselement dans le sol au lieu de vers la rue et ensuite vers les égouts. 
 
 
Si on en trouve en béton, une compagnie québécoise, Les Dalles vertesen fabrique en plastique recyclé à 100%:
 
Mettre une bonne partie de ces solutions en place nous permettra d’éviter l’utilisation abusive de la climatisation et ainsi diminuer notre impact sur les infrastructures électriquesà court terme et le réchauffement climatique à plus long terme. 
 
 
 
 
 
Chroniqueuse: Marie-Eve Cloutier, journaliste indépendante et chroniqueuse
en Science de l’environnement
 
 

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